Livres

De la vie dans une porcherie

180 joursce titre d’Isabelle Sorente sonne comme un délai de carence dans la société qui 180 jourstravaille … dans le milieu de l’abattage, c’est le nombre de jours qui séparent la naissance d’un porc de sa mort. Condamnation ou sursis ?

Martin Enders est un professeur de philosophie de 40 ans, qui mène une vie tranquille, heureux en couple, dans le monde parisien très propre.

L’élément déclencheur, c’est Tico, la fille du doyen de l’université, jeune rebelle, en conflit avec les adultes, qui défend la protection du monde animal.

Pour comprendre sa révolte, Martin accepte de partir dans un élevage industriel de porcs à Ombres, en Haute Normandie, pour y préparer un séminaire sur l’animal.

Il se retrouve alors à la Source, un complexe de 7 bâtiments, véritable usine à gaz : maternité ; gestation , où les porcs naissent, se reproduisent et meurent. C’est la découverte d’un monde fou. Les hommes inséminent des truies à la main. Les porcs portent des noms d’humains et, humanisés, commettent des forfaits similaires à cette dernière espèce, comme l’infanticide Marina.

Loin de n’être que chaire morte et puanteur, cette expérience, définitivement humaine, est avant tout l’occasion d’une belle rencontre amicale avec Camélia, le porcher, pour qui les animaux sont plus qu’une famille. Néanmoins, dans les couloirs de la mort, la conscience professionnelle, où plutôt la compassion, n’ont pas leur place. La nuit, les hommes voient planer les ombres des porcs.

Pourquoi parler de ce roman dans un blog dédié à la forme ?

Tout d’abord, pour la cause végétarienne. Une autre façon de regarder son assiette pour les consommateurs de chair.

Mais, plus que la révolte que la jeune Tico porte contre le monde des adultes, on doit sentir l’amour pour le monde animal, qui lui a redonné le goût de vivre. Des faits simples qu’on enseigne aux enfants : voir des animaux ; allez au zoo rend heureux !

De même, durant son séjour dans la porcherie, Martin sent la fureur de vivre. Quitter cet univers de mort pour exister, aimer. Cet introverti solitaire voit son caractère changer. Mû d’empathie par cette expérience définitivement humaine, il fera tout pour sauver son ami Camélia de ses fantômes.

Ainsi, plus que le terme d’une vie d’animal, 180 jours représentent le parcours initiatique d’un homme, pour prendre conscience de l’horreur des élevages d’animaux industriels et en tirer des leçons. C’est aussi la force de l’amitié et la puissance de la vie.

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